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22 nov 2010
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Une nuit à Shanghai

Il paraît qu’on y construit un gratte-ciel par jour. Et toujours au détriment de quartiers anciens, qui survivent encore d’une économie artisanale et locale. Résultats, d’un côté, de somptueux clubs, vu sur le Bund, ambiance russe, putes chinoises, magnum de grey goose. De l’autre, des anciens bunkers qui accueillent marginaux et expats artsy pour ce qui devient la nouvelle référence de l’underground.

19h // M50

C’est le vernissage de Maurice Tan, peintre originaire de Singapour, vivant dans le Marais à Paris. C’est autour de quelques verres de Bordeaux made in China que la soirée commence.  « Si je vends une de mes toiles aujourd’hui, je quitte Paris pour Shanghai » m’annonce-t-il. Rien de très typique ici. On est au sein du complexe M50 qui évoque le Kulturzentrum de Berlin avec ses briques rouges, cafés bios, ateliers, loft d’artistes, d’innombrables galléries allant du kitch chinois à l’art contemporain novateur. Bienvenu à Shanghai.

20h // Glamour Bar

Changement de décor. On rejoint un ami banquier qui a invité ses  clients européens dans ce club au 6ème étage d’un immeuble colonial. Les lumières de Pudong s’illuminent. La vision carte postale futuriste prend forme. On boit quelques cocktails au prix d’un salaire moyen chinois. En sortant, une dizaine de jeunes chinoises de petites vertues font leur apparition. Probablement pour tous ces banquiers européens.

22h // Shelter

On rejoint mon ami Raphael qui s’est installé ici y’a plus d’un an avec une niche en or « DJ français ». Il mixe au Shelter ce soir, un ancien bunker à Shanghai ouest. Pour accéder dans ce mini club, passage obligé par un tunnel de 50 mètres, pas (peu) éclairé. A l’intérieur, la contre-culture s’excite sur un set minimal. Alexis, mon compagnon voyage veut passer quelques disques. « Ici c’est Shanghai, fais ce que tu veux » m’explique tout excité Raphaël, qui ne s’est toujours pas couché depuis 2 jours. Les consos sont données. Mais attention, la vodka est réputé faire très mal à tête.

00h // Logo

Nombreux sont ceux qui s’arrêtent ici, le premier bar artsty underground à avoir ouvert dans le quartier (4 ans déjà), en début de soirée. Un meeting spot pour teuffeurs expats qui donnent rendez-vous à leurs dealers nigériens préférés pour trouver de quoi rendre la nuit plus folle, plus longtemps. Et oui, ici c’est Shanghai. Et tu trouves tout. Et le QG, c’est ici.  Ce soir, c’est soirée reggae. Les étudiants américains squattent le baby à l’entrée, des chinois défoncés sont affalés sur le canap à mater une version asiatique d’Apocalypse Now et les trentenaires squattent au bar sirotant le cocktail le moins cher de Shanghai. Passage aux chiottes, probablement les plus crades d’Orient, et direction le Dada, à une centaine de mètres d’ici.

02h // Dada

L’entrée au strobo annonce la couleur de ce bar éclectique qui fête ce soir ses 1 an. Michael Olsen, le proprio du bar, trentenaire originaire de San Francisco, me résume assez bien le concept de son bar. « Y’a 20 millions d’habitants ici, dont 2 000 cherchent l’ambiance underground de chez eux, Londres, Berlin, San Francisco.  Le Dada, c’est cette ambiance ». D’ailleurs, si ce n’est pour les quelques chinois qui m’entourent, je me sens plus dans un club underground de Kreuzberg qu’ailleurs. De la minimale. Un dancefloor agité. Une secret room où semblent s’échanger toutes les drogues connues, et moins connues. Je croise Clément, un pote français qui vit ici depuis 3 ans. « Il est l’heure que je t’amène au Bar Rouge ». Il court à la secret room, parle de sa méphédrome comme si c’était de l’or. Et on sort. Taxi, direction le Bund

04h // Bar Rouge

Bar Rouge c’est un peu ce club standardisé de toutes les grandes villes en développement. Tout le monde en parle. Tout le monde critique. Tout le monde y va.  La musique est commerciale est la clientèle composée majoritairement d’expats européens (français en tête), quelques américains et des putes chinoises. Le taxi nous dépose en bas d’un immeuble colonial. On entre dans l’ascenseur, laissant sortir des banquiers éméchés, et Clément appuie sur le 5ème. Tous les européens s’excitent au refrain We Are Your Friends , les vodka tonic à 10 s’enchaînent pendant qu’on se moque lamentablement des ces « sorties du samedi soir » derrière la cabine des DJ. On sort sur la terrasse. Rien à redire, la vue sur Pudong nous laisse à bout de souffle. Shanghai.


23 jan 2010
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Une nuit à Bucarest

IMG_1496Rien ne me préparait à découvrir une mégalopole, aux boulevards à 4×2 voies, aux néons publicitaires sur 10 étages, aux chiens errants, aux lampadaires noircis de cables électriques et aux rues défoncés. Alors c’est ça ce fameux nouveau Berlin dont tout le monde parle mais que personne ne connait ?

20h Lipscani

Armé de quelques adresses et sites bien sélectionnés, je me dirige vers Lipscani, le mini centre « historique » de Bucarest. Faut pas s’attendre au centre préservé de Prague ou Cracovie. Non, les rues sont remplacées par des dalles en bois au-dessus d’un chantier archéologique permanent. Les rues ne portent pas de noms, encore moins de numéro, et google maps ne sert pas plus qu’un plan de l’époque de Ceausescu. Pour le moment, c’est plus Bagdad que Berlin.

On m’a parlé du bar « mes amis » dans le quartier. Après avoir longé Lipscani cinq fois de suites, c’est en sautant d’une dalle à l’autre que je finis par trouver une petite porte menant vers une cave voutée. Des bières, du rock inécoutable d’Europe de l’Est et quelques étudiants qui préparent leur soirée. Pas désagréable mais rien d’exceptionnel. L’autre adresse dont on m’a parlé c’est le club A, réputé pour avoir la vodka tonic la moins cher d’Europe, 0,93 € pour être exact. Le lieu est sublime (une sorte de salle de concert au sous sol, des mini-espaces aménagés) mais la encore ça manque d’ambiance. Et me voila avec l’attitude du parisien blasé : ils ont aucun style ces roumains. C’est ça le Bucarest alternatif ?

22h

Une nuit. Peu de temps. Changeons de cap. Si l’lalternatif ne marche pas, testons le branché. Il me reste une adresse parmi celles que j’avais sélectionnées. Déjà Vu, le club à Cocktail de Bucarest, un repère d’expat. Il passe inaperçu sur cet énorme boulevard à 4×2 voies, entre un sex shop et un casino à machines à sous. Une petite pancarte. Déjà vu. Un escalier qui descend. Et personne en bas, à part les quelques mafieux qui squattent au bar. Le lieu a du potentiel, la sono est bonne, le lieu est beau mais ne me sentant pas encore l’âme d’un roumain je préfère repoussé mon introduction au mafieux roumains à un peu plus tard.

23h Fratelli

Je m’aperçois vite de deux choses. 1. On ne peut pas marcher à Bucarest. C’est pire que Berlin pour ça. La ville est immense. Traverse la rue prend 5 minutes et nécessite une connaissance approfondie des passages souterrains. Et rien de donne envie de flâner. 2. Si tu connais pas, tu ne trouves pas. Un peu comme LA, sans la plage. Coup de bol. Je reçois un message du rédac en chef d’un magazine de mode de Prague qui m’envoie l’adresse de la soirée d’ouverture d’un nouveau bar, l’ancien fratelli. House, franges et style. Ca ressemble à ce qu’on connait. On pourrait être à Zurich, Barcelone, Londres ou Berlin. Je sympathise avec le barman qui me raconte ses déboirs en touriste au Kitch’up à Pigalle quelques années auparavant. « So where is the party happening in Bucharest». Il m’explique je prends note. La teuf existe bien. Et au passage, il nous met sur la liste d’un after. Passons à autre chose. Et les drogues ? Il se met à transpirer tout d’un coup. Ca fait 2 ans qu’il a arrêté, le fait d’en parler le chauffe. En deux mots, il y’ a trois dealers à Bucarest. C’est super et mal servi. Du coup, tout un marché gris s’est créée autour de produits de synthèses, vendus légalement dans des boutiques, dont le fameux spice shop, dont il m’indique l’adresse.

00h Spice Shop

Spice shop. Cette petite boutique, ouverte toute la nuit, passerait bien inaperçue. La nana qui y bosse à l’air complètement déchirée. L’ami barman nous a vivement conseillé le magik. 50 euros le gramme. Cher pour du 100% chimique. Et pour le pouvoir d’achat des Roumains. Et elle nous propose de l’essayer là, dans le shop à la fenêtre. The Bucharest way. Ca défonce la narine mais la montée d’adrénaline est plus forte. La teuf commence. Bucharest est à moi.

01h

Taxi. Direction Lipscani, mais maintenant avec tous les outils pour gérer. 5 km et 0,5 € plus tard. Encore ces dalles de bois, mais là c’est différent. L’impression d’être dans la Matrix et de savoir où aller, guidé par la puissance de la magik. On était passé devant en début de soirée sans le remarquer. Cette fois on entre dans le Cool Cats. Petit bar à l’entrée, un escalier caché à l’arrière qui monte vers deux grandes salles taggées. Les gars gribouillent avec leurs marqueurs sur les murs. Je descends au bar et propose de mixer, vu qu’il n’y a personne derrière l’ordi. Une jeune roumaine sort de nulle-part et me montre à quoi ressemblait nos ordis portable y’a 10 ans. Bon, il suffit d’enchaîner les morceaux, ça ne doitt pas être trop dur. Le magik flatte mon égo. J’enchaîne les morceaux. Au bout d’une demi heure, on bouge, faut tester le Kristal..

02h

Le Kristal glam club porte bien son nom. C’est le club des moskovite en vacances aux balkans. Le club dont parlent les guides. Le club des étudiants Erasmus et de la jeunesse dorée. Bref, la boîte la plus connue du Bucarest, qu’il faudrait à tout point éviter. Gogo-dancers, drinks hors de prix, PLV pour Winston et Ballantine’s et de la techno russe. Ca bourrine. Et 80% de la population est masculine, aux yeux défoncé. Le Magik doit faire effet chez eux aussi, ils sont tous à l’eau et au coca. Pas très glamour tout ça.

03h Fabrika

C’est en sortant du cool cats que des jeunes fêtards nous avait conseillé le Fabrika – comme l’anti Kristal. Le taxi semble savoir où c’est. Moi je suis paumé. J’apprends rapidement que le Fabrika fait parti de ces clubs alternatifs clandestins du quartier d’Uniri. Bucarest défile à toute vitesse. Le taxi semble connaître Fabrika. Il s’arrête devant une cage d’escalier. « up up up ». Je monte. Un long couloirs industriels. Au bout, deux gorilles qui me demandent quelques pièces pour entrer (c’est probablement à la tête du client). C’est blindé. On transpire. Le DJ enchaîne reggae, dub et électro. Impensable chez nous, mais coutume dans les clubs alternatifs de l’est. Au bar, un gars surexcité tape la discute. Il se vante d’être sous Golden. On apprend rapidement que c’est le nouveau Magik. Il nous invite à venir avec lui au Goblin. C’est quoi ? « After party club, come » Ses yeux font peurs.

04h Goblin

Sans le nouveau pote accroc au Golden, jamais n’aurai-je trouvé le Goblin, en plein Lipscani. D’ailleurs, j’y suis passé devant une dizaine de fois en début de soirée. Mais même un œil avisé ne peut pas imaginer que derrière une toute petite porte en verre fermée, graphées et recouverte de stickers, se cache un labyrinthe souterrain. C’est ça Bucarest. Si tu ne connais pas, tu ne trouves pas. A l’époque, il y a quelques heures, Bucarest n’était rien. Quelques bars à touristes le long de Lipscani. Mais là, sous tous ses bars et avec l’aide du Magik, Bucarest est tout autre. Discrète, cachée, c’est un goût acquis qui se mérite et qui ne se dévoile pas au premier venu. Assis 30 mètres sous terre, à côté d’une jolie étudiante anthropologue et l’ami golden, qui s’avère être Chef cuisinier dans un grand restaurant italien, j’ai compris. Pas besoin de guide ni de google maps. J’ai finalement compris.

06h Bucarest

Mon hôtel, l’Intercontinental, n’est pas loin. J’enfile mon peignoir et monte dans le spa au 22ème étage au cœur de la ville. Le soleil se lève sur le Parlement, cette horreur construite par Ceausescu qui n’est autre que le deuxième plus grand immeuble au monde, après le Pentagone à Washington. Je baisse la tête. J’entends la ville raisonner. Le peuple se lève. Les chiens errants se cachent. Les voitures klaxonnent. Les taxis et bus pullulent. Bucarest.


18 jan 2010
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Berlin. 72h. No Sleep

Berlin. 72 hours. No sleep.

Jeudi 22 novembre

Dans l’avion, une jeune fille se lève. Elle aborde l’hôtesse de l’air pour savoir si elle peut garder son portable allumé. Elle a oublié son code pin. La réponse est non. Elle se rassoit. Elle n’aura plus de téléphone. Berlin.

22h – Intersoup à Prenzlauer Berg. Bar, club, resto, on ne sait plus trop. Les jeunes berlinois, s’assoient sur les canapés vintage, discutent, fument et mangent soupes thai et dim sum. Certains se préparent pour une grosse soirée, d’autres estiment que c’est leur grosse soirée. Rien ne presse. On est bien, au fond de ces canapés, à observer l’atmosphère lynchienne de ce bar décalé. L’enchaînement de radio on/off peut surprendre, mais on s’y fait. Les musiciens du club au sous sol montent jouer une chanson, une version folk de working class hero de John Lennon. Ils veulent qu’on descende. Car ils sont tous seuls à jouer en bas, dans le club –club c’est beaucoup dire, cave où les canapés ont pris la place du dancefloor. C’est gratuit répètent-ils. Mais personne ne descend.
www.intersoup.de

00h – White Trash Fast Food à Prenzlauer Berg. On arrive pour le concert de The Bishops. Ancien resto chinois converti en club. Temple de l’indie rock à Berlin, petit club intimiste au plafond voûté. Le bar est caché sur le côté et les barmans protégés par une sorte de grill. Direction vestiaire. Non! c’est un club de rock ici, pas de vestiaire, prend une bière plutôt et pose ta veste sur les banquettes. L’ambiance rappelle le Madame DoJo’s d’autrefois et le style des nanas sort tout droit des friperies de brick lane. Du Londres à Berlin.
www.whitetrashfastfood.com

02h – Cookie’s à Mitte. Le jeudi, c’est une peu le code secret du hype berlinois. Le club change d’adresse tous les six mois, les jours d’ouverture varient et la communication se limite au bouche-à-oreil. Introuvable si ce n’est que pour les quelques jolies filles qui patientent à l’entrée. Pas de porte, pas de noms, juste une physio, assise, dans le froid, sur un tabouret, qui décide si vous passerez derrière le rideau. Assez rangé et peu éclectique, c’est un peu ce que le yuppie new yorkais rêverait d’avoir. Un djoon en mieux et en sous sol. Une grande salle haut de plafond, deux longs bars, et le DJ au milieu. Ca mate, ça se montre, ça bouge. L’homme au chapeau emballe la femme aux lunettes de soleil. Lui, c’est Stern, elle Universal. Merde, qui a dit qu’il n’y avait pas de thunes à Berlin. Deuxième salle. Petite, plus alternative. Le DJ passe du hip pop et ça fume des spliffs. En haut, un restaurant, classe, secret. Le cookie’s cream. C’est nouveau. On demande au DJ quand il passera à la minimale. « I hate that shit » il répond. On s’en va.
www.cookies.ch

Vendredi 23 novembre

00h – Antje Oeklesund à Friedrischain. Difficile de faire plus alternatif que ce bar semi clandestin. Voilà comment il nous a été décrit. « dans Rigaerstrasse, entre dans la cour terrain vague en face du Lidl, tourne sur la droite, passe entre les bâtiments, et rentre dans la maison effondrée » C’est un peu l’ambiance d’un squat, avec un mix d’étudiants, d’artistes fauchés et d’expats enthousiasmés par l’osmose berlinoise. Les groupes, qui jouent sur la petite scène, sont souvent les potes des potes des barmans. Mais en fait ne le sommes nous pas tous ici. Tallons aiguilles, s’abstenir.
www.antjeoeklesund.de

02h – RAW Tempel à Friedrischain. Passage éclaire dans ce petit club typique d’un berlin artistique et ouvert à toutes formes d’expressions: un soundsystem branché sur un générateur dans une ancienne gare de triage. Le résultat est étonnant, les DJ excellents… fort à parier qu’on en entendra parler bientôt des dj du RAW tempel. La faune, hétéroclite, varie en fonction de l’heure. Car le Raw Tempel est ouvert toute la nuit et tous les jours. Ce soir c’est drum&base. On écourte.
www.tapeberlin.de

03h – Maria am Ostbanhof à Ostbanhof. On longe le mur de Berlin. On passe Ostbanhof et on se dirige vers la Spree. Terrain vague puis Hangar. C’est bon, on est bien là. Trash (dancefloor) mais class (fauteuils loungy à l’arrière) le Maria rappelle beaucoup ces clubs de Zurich, le supermarket ou le hive. Pas trop de monde, on circule facilement. Mais le son est très mal réparti. Et le bar n’a plus de redbull ! En backstage (façon de parler, salle super glauque, neuf mètres carrés, éclairé à l’halogène et meublé de deux canapés), on discute avec Leonard de Leonard. Paris c’est bien, Berlin c’est mieux. On est d’accord. Il aime la Java à Paris. On ira donc le voir au Paris Paris le 15 décembre. DJ Mehdi aux commandes. C’est trop violent. On sort.
www.clubmaria.de

05h – Panorama Bar à Ostbanhof. C’est vendredi soir, le Berghain est fermé, y’a pas trop de monde. Il y a une sorte de frontière invisible les 30 dernières mètres. Les taxi s’arrêtent là, l’air de dire, « moi je ne peux plus continuer, je tiens à ma vie ». On marche les 30 derniers mètres. L’ancienne centrale hydro-électrique, aujourd’hui mythique pour tout clubber européen, devient réalité. C’est imposant. C’est la fameuse Cadenza night. Mike Huckaby mixe une électro calme. On s’agite pas trop sur le dancefloor. Non, il semblerait que les orgies dans les alcoves danoises aient pris le dessus sur la danse. On me demande de la coke, on m’en propose. Pas la peine. Les chiottes sont pleines de poudre blanche. Sur le PQ, sur la cuvette, sur la chasse d’eau. Partout. Je m’enferme avec un groupe de trois dans les toilettes. Le glamour trash. Bienvenu à Berlin. Chacun fait ce qu’il veut, tout le monde s’en fout. On ne sait plus quelle heure il est. On reste avec les freaks du panorama. On rate Ellen Allien au watergate et zip au tresor. Le soleil se lève.
www.berghain.de

Samedi 24 novembre

23h – Dr. Pong à Prenzlauer Berg
Et si j’ouvrais un club dans ma cave. Ah non, pas possible, y’a ma table de ping pong. Et j’ai la flemme de l’enlever. Bon, je fais le club quand même. Et voilà l’histoire de Dr. Pong. Un petit comptoir, quelques fauteuils et la salle phare avec la table de ping pong au centre. Bière dans une main, raquette dans l’autre, on tourne autour de la table pour frapper la balle chacun à son tour. C’est vite ennuyeux, mais diable, que c’est alternatif.
www.drpong.net

00h – Klub der Republik à Prenzlauer Berg
L’underground ovreground. On se croirait chez un pote. L’escalier de la cour mène à une grande salle à baie vitrée. Du monde au bar, mais surtout beaucoup de monde sur les canapes. En fait, les seuls debout sont les DJ. C’est l’heure de pointe ; on attend qu’un fauteuil se libère. C’est la règle ici. Les plans pour la soirée tournent et entre table et canape on se fait facilement de nouveaux amis en taxant une chaise. C’est branché, mais juste ce qu’il faut. Oui, ces australiens expats étaient bien au resto japonais à Mitte toute à l’heure. Et c’est comme ça tous les soirs, et jusqu’à 5h du matin. Et merde, même la house est bonne à Berlin. On se prépare.
http://www.berlinatnight.de/locationdetail/703/klub-der-republik.html

02h – Tape à Hauptbanhof.
Le tape est arrivé après la construction de la nouvelle Hauptbanhof, la plus grande gare d’Europe. Quel plaisir pour les clubbers européens de pouvoir descendre de train, marcher cinq minutes, entrer dans ce qui pourrait être le meilleur club d’Europe et ressortir 12h plus tard, complètement déshydraté. Miss Kittin (seule date avec The Hacker à Berlin) et Tobias Thomas jouent ce soir. Y’a du monde, beaucoup de monde. Le club rappelle les clubs de King’s Kross. C’est grand et on s’y perd. Le son est parfaitement équilibré dans la grande salle. Kittin est complètement perchée. Elle est dans son élément. Sur le « minifloor », un DJ mix dans un bocal entre les chiottes. 10 personnes max peuvent y rentrer, mais on est déjà cinquante. Une fille, 1m80, lunettes de soleil et chignon m’aborde « I need pills » ; et sourit. Dans la troisième salle, on revient plus à la réalité. Un grand bar et de l’électro. Ouf, back to normal. Tout d’un coup, c’est la cohue. Miss Kiitin a finie. On ne peut plus bouger. 2000 personnes s’aventurent dans les couloirs large de 2 mètres pour changer de salles. On ne peut plus avancer. Ou est Tobias Thomas ? Je lève la tête. Il est à quinze mètres de hauteur, sur un échafaudage. Et il continuera à mixer là jusqu’au petit matin. La soirée commence. On rentre se coucher.
www.tapeberlin.de

Dimanche 25 novembre

Burger King dégueu, passage express à Copenhague pour faire les provisions en poisson fumé. Dans l’avion, une pensée. Un week end à Berlin, mais sans minimal. Aurai-je tout raté ? Aéroport. Pas la force d’aller voir la première du Kararocké de Nicolas Ulmann au Paris Paris, c’est l’heure de la descente. Dodo.

Merci à Perrine, la fille au téléphone bloqué.


04 jan 2010
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Berlin, itinéraire d’un voyage d’affaire

Les rencontres, l’imprévu, les surprises, le son, l’insouciance, la nuit. Berlin, itinéraire d’un voyage d’affaire

Mercredi 13 février 2008
Berlin. Enfin, ça fait plus d’un mois !

21 :00 bars de Mitte
La tournée des bars de Mitte. C’est marrant, ces bars font parler d’eux alors qu’ils manquent franchement d’intérêt pour Berlin. Pas qu’ils soient désagréables, au contraire, j’aurai été comblé à Paris. Mais ici, c’est différent. Passage express au Pony’s Bar. C’est plus jeune que les autres bars de Mitte, et plus fashion aussi. Un groupe de français, type parisien la Perle au jean slim débarque. Ils sortent déçus quelques secondes plus tard. Ils n’ont donc rien compris à Berlin. Une astra beer d’Hambourg et c’est parti. On ne peut même plus fumer ici. Direction le Greenwhich, bar encensé par Wallpaper* qui flash sur son aquarium le long du mur. Ils auraient vu l’immense aquarium en verre de mon hôtel Radisson 5*, ils m’auraient suggéré d’y passer la soirée. A Londres, les poissons fluorescent et les verres hors de prix, je veux bien. Mais ça convient pas au chaos urbain berlinois. Je retrouve mon pote à Keiser Soze, un bar branchouille au centre de Mitte. Mais là, franchement conventionnel !
Pony bar // www.pony-bar.de
Greenwich // pas de site, Gippstrasse 5
Keiser Soze //
www.keyser-soze.de

23 :00 ZIIIF
Valeur sure à Mitte; d’ailleurs peut être le meilleur spot du quartier (à part pour le Rodéo club bien sur). Le sourire te prend quand t’arrives dans la cour du n°10 et qu’à l’arrière, les néons des escaliers sont allumés. Les ouvreuses à l’entrée nous offre des shots. Cadeau de st Valentin. Mais c’est demain, rien à foutre c’est Berlin. Enfin ça fume, et pas n’importe quoi. Un jeune à cravatte Paul Smith sorti d’une agence de com discute avec le teuffer qu’a oublié de se changer depuis le panorama bar du week end dernier. Les filles se roulent des pelles et le DJ passe une musique qu’on qualifie de Deutsche rock mit electro beats. Bienvenu à Berlin.
ZIIIF // www.zurmoebelfabrik.de

00 :00 Kim
Juste au dessus du ZIIIF, tenu par un americain expat, c’est le bar des jolies filles frangées et des concept store party. D’ailleurs, la salle, grise, sobre et à baie vitrée, semble avoir été louée par APC. C’est bien connu, la jeunesse chébran attire la jeunesse chébran, et d’autant plus dans la rue alternative (= chébran à Berlin) de Mitte. Pas trop de diversité, chacun mixe à son tour un électro rock. C’est du déjà vu !
Kim // pas de site, 10 Brunnenstrasse, Mitte

01 :00 Watergate
Kittin avait annulé la veille. Pourtant le mot ne semble ne pas être passé. Y’a la queue ! Pas moyen ; je vais voir la jolie blonde qui gère les listes, j’échange quelques phrases avec les mots clés et le tour est joué. Le watergate, mon club préféré. Un savant mélange d’élégance et de décadence. Un club sous les rails au grandes baies vitrées donnant sur la Spree. Et Universal en face. La taille est parfaite et surtout, un soundsystem de rêve. Tiefschwarz remplace Kittin la grippée et la remplace plutôt bien. On danse, on monte à l’étage, on redescend, et les rencontres, typiques d’une nuit au Watergate. Deux suédoises nous accostent au toilette, on séduit une petite bordelaise en Erasmus et une américaine ne cesse de me parler du Beatrice Inn. Mais merde, il faut se lever dans trois heures.
watergate // www.water-gate.de

Jeudi 14 février 2008

21 :00 U-Bahn
Deux petites françaises dans le métro avec le lonely planet Berlin ouvert à la page 104. C’est mignon ! Et moi, bon samaritain « vous cherchez… », elles « oui, le bong kong club, y’a oh no oh my ce soir » moi « cool ! mais tu veux dire le bang bang club » elles « euh oui, sûrement ».

22 :00 Taussend
Depuis son ouverture en octobre dernier, l’adresse se murmure comme un secret (mal) gardé. über cool, über trendy et über différent. Passé un rideau de fer sous les rails de la station Friedrichstrasse, on se sent comme transporté dans un speakeasy de la prohibition. Jazz, funk, tango, disco, concert et orchestre tous les soirs ; autour de la scène quelques couples, tous frais, avec leur cocktail dans une main et une longue cigarette particulièrement glamour dans l’autre. Le style est soigné, normal la salle est remplie de designers indépendants ou du moins du leur fringue. C’est le paradis du facehunter. Le bar américain, long d’une trentaine de mètre est impressionnant. Le champagne favorise les rencontres ; c’est pas bourgeois, juste artistique et de bon goût. Et il paraît que les fins de soirées sont…irracontables. Mais shhht, le Tausend reste un secret !
Taussend // www.tausendberlin.com

00 :00 Bang Bang club
Oh no ! Oh my !, on en entend pas mal parler en ce moment (ils passent mardi au .FMR), c’est sympa mais pas ouf ! Une petite cave en plein Mitte devant la station Hakescher Markt. Je retrouve les deux françaises du métro, mais accompagnées de leur mecs cette fois. C’est blindé de touristes mais l’ambiance est bonne. On m’a dit un jour « you can’t go wrong with a basement » et c’est vrai ! Place au DJ qui pioche dans tous les classiques. Danser sur DANCE de Justice, c’est pas ringard ici ! Puis les clash, blur… Je sympathise avec un groupe d’hollandais en vacances. Bonne nouvelle, ils ont ramené du speed de Rotterdam. On descend dans les chiottes. Un pote m’appelle, ça tombe bien. J’ai un regain d’énergie.
Bang Bang // www.bangbang-club.de

02 :00 Week end
Il veut prendre un verre dans le quartier. Il faut partir du principe qu’à Berlin tout ce qui est visible est à chier et plus c’est introuvable mieux c’est. Et un club électro (ok un peu chic) au 12ème étage d’un immeuble lambda sur Alexanderplatz, c’est apparemment introuvable. Sauf que tous les guides touristiques en parlent et dur donc d’éviter les brits bourrés en mode stag party ! Le concurrent du jeudi c’est le cookie’s que les guides connaissent pas et qui a une meilleure prog ce soir, à moins que tu sois fan d’Ian Pooley. Dommage. Le week end en fait, ça déchire le dimanche. Ils ouvrent le 15ème étage pour les soirées GMF. La vue sur tout Berlin (c’est-à-dire des chantiers à perte de vue) reste splendide, même du 12ème. Je tombe sur une jolie zurichoise, étudiante en psychologie. On danse, on discute et je finirai par la côtoyer jusqu’au lendemain.
Week end // www.week-end-berlin.de

Vendredi 15 février 2008

23:00 Villa
Une ravissante fille dans le tram. Stylée, l’air naïf au regard curieux. Suzie. Elle descend à l’arrêt Landsberger Allee, l’arrêt de la Villa ; j’y ai rendez vous quelques heures plus tard. Le lineup comblerait Paris pour une semaine. Feadz, Boise Noize et Modeselektor (merci à Thomas @www.freeyourmind.fr pour le plan) réunis dans un petit squat semin clandestin (400 personnes max) pour une soirée berlinoise comme il y en a tant d’autres. Pas de regret, je descends tu tram en même temps que Suzie. Moi « Bitte, Wo ist die Villa » Suzie « Ja, die Villa, kommt mit mir, wie heisst du?». Pleins de petites salles, pleins de canaps destroy, des comptoirs, des backs-rooms. La foule, assez branchée et international arrive. Feadz déchire et le dancefloor est encore à moitié vide. Au tour de Modeselektor. Merde, trop de monde, impossible de maintenir son espace vital sur le dancefloor. C’est du pogo ! A l’étage, une belle suédoise vend des tases. Mais elle en a plus. Elle débute et on discute des meilleures clubs pour vendre, acheter. Et la hop, une des deux suédoise du watergate de l’autre soir. Entre quatre yeux et deux pelles, elle me sort « You know, you can do whatever you want to me. Call me in two hours » Et elle m’écrit sont numéro. Au final je ne lui aurait rien fait. Je redescends. Impossible de danser, on est vingt au mètre carré. Dehors, deux fois plus de monde que la capacité maximale de la Villa attendent patiemment. Et ils font même plus rentrer les listés. Suzie avait donc raison d’arriver si tôt. Ah Suzie te voila. On discute de la vie, de tout et de rien pendant des heures. Que j’aime cet esprit de l’est. Elle me dit, « the problem with Berlin girls is that we like to drink beer, and after a few beers, we like to be drunk”. Ces backrooms sont décadents. Un laissé allé total. L’alcool et les drogues rendent les gens dociles, souriants et tactiles. On s’apprécie tous mutuellement, sans préjugé ni jugement. On flirt tous gentiment, sans arrière pensée. « You wear Mykita glasses ». Oui, comment il sait. « I made those ! ». Ah Berlin !
Villa // pas de sites, c’est éphémère, démerde toi.

Samedi 16 février 2008

18 :00 Le Petit Laboratoire
Un arrêt obliger pour toute visite à Berlin. Le calme et l’harmonie dans cette gallerie – bar – atelier de Friedrischain tenu par un couple d’Avignon, lui ancien chef et elle photographe reporter. Ce soir, ils louent le bar pour un anniversaire. Et le soucis du moment c’est de recompter tous les petits billets chiffrés (qui donnent droit à une boisson). C’est 13 ou 31 ? 81 ou 18 ? pendant des heures. Il s’applique à faire ses cocktails, c’est de la recherche et une passion et ça se sent. Elle pose ses photos sur le mur, en ce moment, un projet financé par l’union européen sur la prostitution. Et le reste c’est des bricoles trouvées dans la rue. Une porte fait office de table. Un coin orientale et la gallerie à l’arrière. On se sent bien et bercé. Ils le décrivent bien « Le Petit Laboratoire is an alternative place (3 rooms) in Berlin »
Le petit laboratoire // www.myspace.com/lepetitlaborat

22 :00 Das Labyrinth
Si si c’est bien là. Traverse une cour, ouvre les rideaux, traverse la salle, derrière les toilettes suivre le panneau théâtre, descend un escalier casse-gueule, traverse le théâtre, ouvre la porte et ça y’est, une petite salle décoré avec du street furniture. Ca rappelle un peu les bars de Prague. Peu lumineux et très varié. Dans 60 mètres carrés, quatre coins et ambiances différentes. Je discute avec le barman qui n’a qu’un seul nom en tête. Tiphaine, une française qu’il aurait rencontrer dans son squat la semaine dernière. Je vois qu’il attend que je lui demande quelque chose, mais je ne sais pas quoi. Mon téléphone sonne « Jeremie, t’as demandé un ticket pour le labyrinth… ». Ah. Je demande. Il sourit. J’ai le numéro 13. Le bar se remplit. Une ambiance étrange mais enivrante. La musique ne suit que l’envie spontané du barman. De la world musique suivi de 50s rock ; du tsigane puis folk. Aucune cohérence. C’est bien. Le temps passe. J’entends l’autre barman, au chapeau et à la cravate trouée, appelé à l’hygiaphone le numéro 13. C’est à mon tour d’aller visité le labyrinth. Il me prend par la main m’ouvre une porte et la referme derrière moi. L’ambiance est extrême, c’est magnifique, genre Tim Burton. Ca fait flipper et t’en ressors (souvent) sain et sauf. Je ne peux/veux pas en dévoiler plus mais fais moi confiance, va au Labyrinth et vite !
Das Labyrinth // www.karmanoia.de

01 :00 Mme. Claude
Visite officieuse de Madame Claude, deux semaines avant l’inauguration du lieu. Un ancien bordel puis karaoké. Ce savant mélange qu’on ressent dés la lourde porte en fer franchie. Un salon d’accueil rouge, sensuel. Et des escaliers noirs, gris, qui intriguent. Un peu comme une première fois au Paris Paris, on se demande ce qui se cache en-bas. C’est le chantier mais tous les ingrédients gagnants sont là. Un long couloire, une salle de concert, un coin destroy rétro 70s, un coin trash-glamour et le comptoir. Certains meubles sont à l’endroit, d’autres à l’envers accrochés au plafond. Madame claude, un nom qui lui va bien. On a hâte, très hâte qu’il ouvre.
Madame Claude // www.myspace.com/madame_claude

03 :00 Berghain
Madame claude est à deux pas du Watergate. Et y’a zip ce soir. Mais non, coup de folie, c’est partie pour le Berghain. C’est l’heure de pointe. La queue fait bien trente ou quarante mètres. Pas moyen. Je vais voir le Molosse à l’entrée. C’est bon, je gère, on rentre directe. C’est du lourd et c’est immense ; le Berghain, décrit mille fois mais mille fois de trop. Il faut y être pour saisir les kw d’une centrale hydrolique, la sexulaité explicite et les teuffers de tout horizon. Sauf qu’à force de le décrire, y’a pas mal de touristes, des petites américaines bien sapées aux haut tallons, qui restent plantées devant le bar. Et touristes à part, y’a toujours autant de ces hommes au torse nue et bien musclé qui vraisemblablement se sucent dans la backroom. On monte, direction le panorama bar. La techno du Berghain laisse place à une électro plus minimale. Au milieu de la salle, la belle Anna qui semble perdu. « Ich suche droguen ». Je la prends par la main et l’emmène chez les dealers que j’avais trouvé près des chiottes quelques minutes auparavant. Mince partis. Je lui donne le demi tase qu’il me restait. Elle m’embrasse (bien) et m’offre trois shots. « Wait here I have to bring my friend ». Merde ! Non c’est bon, son pote est avec un mec qu’il chauffe. Vive le Berghain. Je montre à un pote la backroom du sous sol. Sur le chemin une magnifique berlinoise nous dit de faire attention. Wachtung. C’est vrai, c’est hardcore, c’est trash, c’est limite malsain. Mon avion est dans quelques heures. Je sors.
Berghain // www.berghain.de

Juste le temps de faire un tour dans le Görlitzer park de Kreuzberg pour bien gérer la descente. Les chiens, l’espace, les dealers, les joggers. Tous en harmonie. Ah les parcs des villes de l’est. LeWendel est déjà ouvert pour le sacré brunch du dimanche matin. Quel bon bar. Ils semblent tous être sortis du Berghain. Les café est à chier. C’est pas grave. Moi, Berlin, a love story !
Wendel // www.nstp.de